Le plus grand des carnivores?

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Posté par M. Pigut le 26 janvier 2011

L’homme aime à observer les carnivores, que ce soit dans des zoos, des cirques, à travers des reportages ou directement dans la nature. Dans toutes ces occasions, la vision d’un carnivore représente souvent le «  clou du spectacle », même mort étalé comme un tapis de sol. L’humain a indéniablement une passion pour ces bêtes.

D’un autre côté, combien de personnes ne ratent pas une occasion d’annoncer être de « purs carnivores » avec une étincelle dans les yeux ? Dans les médias, des publicités nous exhortent même à révéler notre côté carnivore, à réveiller la bête féroce qui est en nous. Il n’y a pas de doute, les hommes apprécient aussi énormément de se comparer à ces animaux sauvages. Alors, l’homme est-il le plus grand des carnivores ?

Tout d’abord, l’homme serait légèrement plus proche du charognard – qui ne tue pas sa proie lui-même – que de l’impitoyable chasseur, si toutefois il était seulement un « mangeur de chair animale » et non un omnivore. Quand certains disent se sentir « sauvages » lorsqu’ils mangent un steak, je ne peux m’empêcher de me demander où se cache la traque ou le corps à corps intense dans l’action de se rendre au supermarché ou en boucherie. De plus, contrairement aux carnassiers, l’homme ingurgite de la chair animale morte et généralement cuite. Rien à voir donc avec les méthodes d’un lion ou d’un tigre, qui représentent souvent le fantasme ultime de l’animal sanguinaire.

Ensuite, je me suis souvent demandé en quoi le fait de tuer était si valorisant. La violence, l’agression et la mise à mort seraient donc des concepts gratifiants par excellence ? L’homme, qui aime affirmer que son monde actuel a été bâti autour de l’intelligence et de la sensibilité, glorifie des espèces qui sont loin d’avoir les capacités intellectuelles les plus élevées du règne animal et dont la sensibilité n’est pas des plus évidentes. Alors d’où vient cette fascination pour ceux qui tuent ? Je n’ai pas de réponse à cette question… D’une grande frustration ? D’une soif de pouvoir peut-être ? En tout cas, je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement, certes facile mais pour moi évident, entre cette glorification de la violence et les comportements brutaux voire cruels que peut avoir l’homme en société, ainsi qu’avec les guerres qui, après des siècles d’histoire, ne sont toujours pas éradiquées…

Finalement, pourquoi ne pas construire un monde dont les termes sagesse, bien-être, respect et paix seraient les mots-clés remplaçant ignorance, mal-être, violence et mort ? Je crois que cette réalité possible dépend en partie de notre observation de l’exemple que nous donnent ceux qui sont parfois appréhendés à tort comme inférieurs aux carnivores, les discrets herbivores, ceux pour qui tuer n’est pas un besoin. En effet, je pense que nous avons beaucoup à apprendre des « mangeurs d’herbe ».Vache Herbivore

Sans doute gagnerions-nous à réveiller le côté herbivore qui dort en nous. Tout en respectant toutes les espèces sans discrimination et en se rappelant qu’aucun être n’est « parfait », nous serions possiblement plus éclairés si nous prenions le temps d’assimiler certaines leçons des vaches, des éléphants, des chimpanzés ou encore des moutons, animaux que nous reléguons trop souvent au rang de bétail ou de curiosité.

Et si nous rêvions ensemble de devenir le plus sage des « herbivores » ?

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