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Posts Tagged ‘Animaux’

Souvenir Impérissable

Mardi, février 15th, 2011

Certains jours, à la lecture d’un article de journal, le premier réflexe est de vérifier sur le calendrier si on est le 1er avril ou pas. C’est exactement ce que j’ai fait en lisant ceci :

« Un  restaurant  new-yorkais  propose  aux  clients  satisfaits  de  la  viande  qui  y  est  servie  de repartir  en  portant  un  vêtement  ou  un  accessoire  réalisé  avec  la  peau  de  l’animal  qu’ils viennent de déguster. (Lire la suite…)

Le plus grand des carnivores?

Mercredi, janvier 26th, 2011

L’homme aime à observer les carnivores, que ce soit dans des zoos, des cirques, à travers des reportages ou directement dans la nature. Dans toutes ces occasions, la vision d’un carnivore représente souvent le «  clou du spectacle », même mort étalé comme un tapis de sol. L’humain a indéniablement une passion pour ces bêtes. (Lire la suite…)

Assaisonnement pour salade banale

Samedi, août 8th, 2009

salade banaleL’autre jour, j’étais en train d’avaler sans grand appétit une petite salade quand je fus illuminé par une idée qui vous paraîtra peut-être évidente.

Devant ces pauvres crudités, promises à une ingestion imminente, j’ai pensé tout à coup que j’avais de la chance. Et la seconde suivante me vit empli d’un sentiment inhabituel de fierté. Oui, j’avais de la chance et j’étais bien dans mes baskets. Que s’était-il passé dans les méandres de mon esprit? (Lire la suite…)

La vie d'un veau… et de sa mère…

Samedi, juin 20th, 2009

Le tout petit veau est arraché à sa mère quelques jours seulement après sa naissance pour que les humains puissent consommer le lait qui lui était destiné. Comme toutes les femelles mammifères, si la vache n’a pas de veau elle ne produit pas de lait. La séparation affective est évidemment ressentie douloureusement par les deux et leur détresse dure plusieurs jours.

Le veau séparé de sa mère est ensuite enfermé dans la pénombre, enchaîné dans un boxe exigu dans lequel il ne peut même pas se retourner, sur des lattes en bois, sans paille. 100 jours plus tard pour lui c’est déjà la fin. Il arrive à peine à marcher… pour aller à l’abattoir. Il n’aura connu ni la lumière du soleil, ni la prairie, ni la joie de gambader, ni compagnons de jeux. Sa viande, obtenue très blanche par l’immobilité, la pénombre, et par une nourriture essentiellement à base de lait, est destinée à la consommation humaine. Son cuir sera utilisé en peausserie pour fournir un cuir fin, en ganterie ou bagagerie par exemple.

Les plus faibles de ses congénères auront été abattus dès leur naissance pour extraire la présure appelée "caillette" contenue dans leur estomac. La présure est utilisée dans la fabrication de presque tous les fromages. Leur viande sera utilisée pour la fabrication d’aliments pour animaux.

Les veaux femelles sélectionnés pour la production laitière, connaitront le même parcours que leur mère, soit trois années d’exploitation intensive, de gestations obligatoires et ininterrompues, le plus souvent par insémination artificielle, pour fournir un maximum de lait.

Les génisses, jeunes vaches, finiront plus tôt à l’abattoir pour y fournir leur viande et le "célèbre" foie de génisse.

Un très petit nombre de veaux mâles seront sélectionnés pour être taureaux reproducteurs auxquels on soutirera artificiellement la semence.
Les autres veaux destinés à fournir la viande de boeuf premier choix seront castrés, devenant ainsi des boeufs ou des "broutards". Certains d’entre eux auront le rare privilège de connaitre les pâturages durant quelques années. Ce sont ces troupeaux de "privilégiés" que l’on peut encore voir dans les prairies à la campagne.

Ne nous leurrons pas, de plus en plus rares sont les exploitations fermières respectueuses du bien-être de leurs animaux et dont les fermiers mènent encore leurs vaches laitières en pâturage. Ces petites exploitations laitières, nécessitant une présence constante et un travail très contraignant, n’étant de surcroît pas très rentables, finissent par disparaître les unes après les autres.

La plupart du temps en enclos sous les hangars des grandes fermes industrielles, gavée d’antibiotiques et autres drogues, ainsi que de suppléments nutritionnels, la vache laitière, véritable "usine à lait", ne connaitra guère plus que son veau les joyeuses gambades en prairie et le soleil. Elle sera contrainte à produire du lait, encore et encore, jusqu’à 6000 litres par an. Les mamelles hypertrophiées, lorsqu’elles sont pleines de lait peuvent peser jusqu’à 50 kgs. Ceci engendre souvent des mammites douloureuses, compliquées parfois de kystes purulents (avec apparition de pus dans le lait) qu’il faut traiter à coup d’antibiotiques.

Ainsi, après 3 années d’emprisonnement et de souffrances, alors que son espèrance de vie est d’environ 20 ans, elle aussi sera envoyée à l’abattoir pour finir comme "viande de boeuf".

Ayons une petite pensée pour eux lorsque dans un magasin nous abordons les rayons viande, lait, beurre, crème fraiche, les 365 fromages, les innombrables yaourts, les boissons au lait, les desserts lactés "délicieux", les "exquises" glaces …

TIGRE VEGETARIEN !

Samedi, juin 20th, 2009

Lettre d’un Citoyen du Monde (ex anesthésiste-réanimateur en T.O.M., acupuncteur, écrivain et créateur d’art) à Mme Aharonian qui a eu la gentillesse de nous la communiquer. Celle-ci retrace un événement peu banal qui donne à réfléchir…

Marseille, le 16/09/1998

« Madame,

Sur votre demande téléphonique, j’ai recherché dans mes archives de 1989 la découverte et l’élevage d’un bébé tigre royal de quelques jours, en pleine jungle montagnarde d’Asie du Sud-Est.

Alors que notre jeune pépiniériste recherchait en jungle des arbustes à transplanter dans notre domaine de 4800 hectares, il fit la découverte d’une tigresse pendue dans un traquenard de braconnier, lequel piège avait été mal conçu pour que la bête soit prisonnière et non pendue.

Notre pépiniériste ayant constaté des mamelles très développées a compris que cette bête devait avoir un bébé, d’où il se mit à parcourir les alentours pour chercher la progéniture de l’animal. Après une heure de recherche, il découvrit 2 bébés tigre de quelques jours à demi morts de faim. Vite mis dans un sac, ces animaux furent transportés en toute hâte vers le campement de notre confraternité Confucianiste. Aussitôt, il fut confectionné des récipients avec des bambous et nous nous mîmes à recueillir du lait de nos chèvres pour alimenter plusieurs fois par jour ces 2 bébés tigres. Le lendemain, le bébé femelle était mort, alors que le mâle continua à être alimenté. Après quelques jours, il n’était plus utile de le tenir à plusieurs personnes pour lui faire avaler son biberon. Après plusieurs semaines, il a été décidé de le nourrir avec la pâtée que nous faisions pour les animaux de basse cour (poule, canard, oie, phacochère). Cette pâtée est confectionnée avec des légumes, des germes de plantes diverses, de la farine de graines diverses. Ce mélange est légèrement cuit mais on y adjoint des fruits de saison. Cette pâtée pourrait convenir à une alimentation pour carnivore vu le soin que nous prenons pour qu’il y ait tous les ingrédients, vitamines et minéraux, ainsi que protéines. Nous nous aperçûmes vite que les ongles de cet animal étaient très acérés et capables de nous causer des blessures, donc nous avions décidé de couper ses ongles et de les limer tous les 2 ou 3 mois. Cet animal, que nous avons nommé d’un commun accord « Ghuan », était au début un chat, puis un gros chat, puis un énorme chat, auquel on a institué un régime lacto-fructo-végétarien intelligemment équilibré, ce qui ne l’a pas empêché de croître et embellir. Après deux ans de cette nourriture, nous avons essayé de mettre dans sa pâtée de la viande de volaille qu’il prit entre ses dents, la mit de côté sans y goûter, ce qui pourtant fit le délice des phacochères.

Ce tigre pèse actuellement 270 kilos. De temps à autre, on le voit se promener avec 2 ou 3 gosses sur son dos. Lorsqu’il juge la promenade suffisante, il se couche sur le côté et va donner des coups de museau aux enfants pour, sans doute, se faire pardonner. Il dort tantôt dans une case, tantôt dans une autre, au gré de sa fantaisie au milieu des hommes, des femmes et enfants qui sont là. Parfois, alors que je travaille à écrire mes mémoires sur une machine à écrire, il vient mettre sa patte gauche sur la table, l’autre sur mon épaule pour me lécher abondamment le cou, les oreilles, la joue. Après un moment, je lui donne une tape sur son museau, ce qui le fait grogner et venir avec moi sous la douche.

Bien des gens qui se prétendent défenseurs des animaux m’ont demandé l’autorisation de venir dans ce coin du monde, que je tiens secret afin de ne pas nuire à la quiétude des animaux « animal » et des animaux humains qui y vivent. Dans ce domaine, il est interdit de photographier et de filmer quoi que ce soit. Les animaux « animal » prétendus fauves et les animaux humains vivent tous en bonne entente et sont des apprentis de la sagesse universelle. »

TEMOIGNAGE D'UNE FEMME JUIVE VEGETARIENNE

Samedi, juin 20th, 2009

En tant que femme juive et végétarienne, j’ai été infiniment touchée par le livre de Patterson, dont le titre "Eternel Tréblinka" emprunté à l’écrivain Isaak B. Singer (prix nobel de littérature, juif et végétarien) révèle le calvaire éternel subit par les animaux dit de boucherie.

Si la comparaison avec la Shoah peut à priori légitimement choquer, il n’en demeure pas moins que grâce au travail de recherche historique de l’auteur, nous pouvons découvrir les nombreuses analogies mais aussi la filiation essentielle entre l’abattage des animaux à l’échelle industrielle et la mise à mort d’un peuple innocent.

Le philosophe juif allemand Adorno a écrit : "Auschwitz commence quand quelqu’un regarde un abattoir et pense:ce ne sont que des animaux".Le même argument avait déjà été avancé par les nazis pour justifier leur politique d’extermination "ce ne sont que des juifs" disaient ils; et c’est bien dans les abattoirs de Chicago que les nazis ont appris comment gérer les corps, souligne Patterson dans son livre. Par ailleurs quelle que soit notre sensibilité, force est de reconnaître que du point de vue animal tous les humains sont des nazis, en effet pour les animaux qu’ils soient destinés à la boucherie, à l’expérimentation,à l’élevage pour leur fourrure,le monde est bel et bien comme l’a décrit Singer, un éternel Tréblinka et c’est pourquoi comme lui j’ajouterai que le végétarisme est devenu ma religion, ma protestation face à ce massacre organisé eternellement recommencé qui n’a d’autre justification que la "gourmandise" en ce qui concerne la consommation des animaux.

Une gourmandise qui coûte cher en premier lieu aux animaux mais aussi aux humains ( on sait de plus en plus les dangers liés à la consommation de viande) et encore à notre planète ( l’élevage est une des sources les plus importantes de dégradation de l’environnement).

J’ai été profondément bouleversée par le message de Patterson qui nous dit à travers son livre que le végétarisme est bel et bien l’enjeu moral de ce 21e siècle, et à ceux qui prétendent que les animaux n’ont été créés que pour cela je citerai simplement ce passage extrait de l’Ecclésiaste: " De fait, le sort des fils de l’homme et le sort des bêtes est le même; telle la mort de l’un, telle la mort de l’autre; tous deux ont même souffle, et la supériorité de l’homme sur la bête est nulle; car tout est vanité. Tout va au même endroit, tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière. Qui sait si le souffle des fils de l’homme monte en haut, et si le souffle des bêtes descend en bas vers la terre ?"

A titre indicatif trois millions d’animaux, sans compter les poissons, sont abattus chaque jour en France.

Clara Deray


Le livre en question

Un éternel Treblinka
De Charles Patterson

C’est un livre "explosif" qui mérite d’être lu !

Présentation de l’éditeur
La souffrance des animaux, leur sensibilité d’êtres vivants, est un des plus vieux tabous de l’homme. Dans ce livre iconoclaste – que certains considéreront même comme scandaleux –, mais courageux et novateur, l’historien américain Charles Patterson s’intéresse au douloureux rapport entre l’homme et l’animal depuis la création du monde. Il soutient la thèse selon laquelle l’oppression des animaux sert de modèle à toute forme d’oppression, et la « bestialisation » de l’opprimé est une étape obligée sur le chemin de son anéantissement. Après avoir décrit l’adoption du travail à la chaîne dans les abattoirs de Chicago, il note que Henry Ford s’en inspira pour la fabrication de ses automobiles. Ce dernier, antisémite virulent et gros contributeur au parti nazi dans les années 30, fut même remercié par Hitler dans Mein Kampf. Quelques années plus tard, on devait retrouver cette organisation du « travail » dans les camps d’extermination nazis, où des méthodes étrangement similaires furent mises en œuvre pour tétaniser les victimes, leur faire perdre leurs repères et découper en tâches simples et répétitives le meurtre de masse de façon à banaliser le geste des assassins.

CET ANIMAL DANS NOTRE ASSIETTE

Jeudi, juin 18th, 2009

Pour regarder son assiette sans frémir, il faut se forcer à oublier tout ce qui la précède

(Armand Farrachi – Les ennemis de la Terre)

Si l’on tentait de définir le parcours de l’animal de boucherie en respectant la chronologie naissance, élevage, transport, abattage, puis transformation en carcasse, on irait à contresens de la logique du système actuel. On ne part plus aujourd’hui de l’animal pour aller vers la viande, comme pourrait le laisser sous-entendre une telle chronologie, mais, bien au contraire, de la viande pour remonter vers l’animal. C’est la viande consommée (sa qualité, sa quantité, son prix, etc.) qui définit et donc conditionne l’existence même de la bête.

À la question « A quoi sert un cochon ? », une publication jeunesse répond : « A faire de la charcuterie ! ». Cette question-réponse est significative du lien qui a progressivement été rompu entre le consommateur et la nature. L’existence intrinsèque de l’animal n’aurait pas de raison d’être, le cochon n’existerait pas pour lui-même ; sa vie n’aurait de sens que par rapport à ce qu’il est en mesure de produire pour les hommes, à tel point que le morceau de viande dont il est le devenir semble être davantage considéré que l’animal lui-même

En effet, dès sa naissance, l’animal doit répondre à des impératifs productivistes ; il doit ingurgiter des antibiotiques, grossir, produire de la chair ; la viande, quant à elle, sera émincée, cuisinée, décorée avec délicatesse…, le tout à destination de l’assiette du consommateur. Et l’attention portée à cette assiette est telle qu’il est légitime de se demander si l’amour du cuisinier face à sa bavette de veau n’est pas plus fort que l’amour de l’éleveur pour ce même animal ?…

Dans les élevages, on compte les poules, les poulettes, les lapins par unité de mille têtes et la mortalité en pourcentage ; le cuisinier, quant à lui, se concentre sur sa cuisse de lapin individuelle avec infiniment plus d’attention et de respect qu’il n’en avait lorsque ce même lapin était enfermé dans un lot de mille têtes. En d’autres termes, plus on se rapproche du bout de la chaîne, c’est-à-dire de l’assiette du consommateur, plus le respect pour l’animal semble devenir grand, alors pourtant que l’on va du vivant vers le mort.

C’est donc à une réification de l’animal que le système consumériste actuel conduit et ce, dans une indifférence quasi générale.

La réification de l’animal apparaît à tous les niveaux :

  • Sélections génétiques et expérimentations sur les animaux (poulet rouge pelé sans plume par exemple.) ;
  • Insémination artificielle et utilisation de verrats robots afin de stimuler les chaleurs… ;
  • Maturation artificielle des Å“ufs dans les couvoirs et naissance par milliers de poussins sans la présence de leur mère (qui de son côté continue à produire, si elle n’a pas déjà été abattue).
  • Destruction par broyage, étouffage ou gazage des poussins inutiles. Ainsi faute de pouvoir devenir des poules pondeuses, plus de 50 millions de poussins mâles (éveillés) sont exterminés par an en France;
  • Homologation de l’animal dès son entrée dans le circuit ; il devient « animal d’élevage », « animal de batterie » ou « animal de consommation », comme s’il était par essence né pour cette fonction. A cet égard, on devrait, en toute logique, parler d’animaux « dans les élevages » ou d’animaux « enfermés dans des batteries » ;
  • Numérotation des porcs, des vaches qui perdent leurs prénoms (la fameuse Marguerite) pour se fondre dans une identification informatique. Renforcé par la traçabilité, le code barre de la barquette de viande se confond presque avec le numéro tatoué sur l’animal… ;
  • - Absence de prise en compte des besoins physiologiques de ces animaux :
    • Le cochon est pourvu d’un groin qui lui permet de fouiller, retourner la terre ; ce groin ne lui sert plus à rien en élevage industriel.
    • Les cochons, les veaux, les poules pondeuses ou les lapins ont des pattes qui en toute logique sont faites pour marcher ; ces animaux sont condamnés à l’immobilité dans des cages, des cagettes ou des stalles.
    • Les poules ont un bec pour picorer dans la terre ; les becs sont coupés à vif (le débecquage) afin d’éviter que ces animaux entassés et donc stressés ne se piquent et ne se déchirent entre eux.Les plumes des canards sont adaptées à une vie semi-aquatique ; les mares sont inexistantes dans les hangars.
    • Ces animaux vivent dans un groupe social structuré ; en élevage industriel, ils sont parqués et entassés les uns contre les autres.
    • Le lait de la vache est fait pour nourrir un veau ; celui-ci est ôté à sa mère avant qu’il ne commence à téter afin d’éviter que la vache contrôle et régule sa descente de lait.
    • Enfin et surtout l’animal naît pour vivre …
  • A ce titre, s’atteler à la recherche de l’espérance de vie des animaux enfermés dans un élevage relève de la gageure. En effet, lorsque l’on cherche à connaître les chiffres, deux objections sont immanquablement soulevées :- D’abord,ce calcul serait stupide car ces animaux ne sont pas faits pour vivre et, en tout état de cause, si on les laissait vivre, ils ne pourraient pas vivre naturellement dans la mesure où ils ne sont pas faits pour cela (dixit) !

    - Ensuite, personne ne connaît précisément la réponse car, à dire vrai, cela n’intéresse personne, l’animal, une fois de plus, n’étant pas fait pour vivre, mais uniquement pour être mangé.

Ces objections dépassées, tristes reflets de cette réification de l’animal, on peut, grâce à quelques personnes qui ont eu « l’idée » de laisser vivre un cochon ou un poulet sans vouloir à tout prix le consommer, dresser le tableau comparatif suivant :

Espérance de vie possible Age moyen d’abattage en élevage
Veaux, vaches 20 ans Le veau est abattu à 3 moisLa vache laitière, épuisée par la production de 12.000 kg de lait/an), est réformée à moins de 6 ans.
Poulet de chair 7 ans Abattu à 6 semaines
Cochon 20 ans Abattu à 5 mois 1/2

Le nombre de ces jeunes animaux abattus en France (Chiffres Agreste
- 2003) est édifiant :

Canards 73,9 Millions
Dindes 95,7 M
Pintades 29,2 M
Oies 710 000
Gallus (poules, coqs…) 779 M
Si on ajoute les 50M de poussins abattus dès la naissance 90 M
TOTAL VOLAILLE + d’un Milliard
Lapins 40 M
Bovins 5,6 M dont 2 M de veaux
Ovins et caprins 7,4 M
Porcins 26 M
Equidés 31 000

À ceci s’ajoutent les espèces non comptabilisées (autruches, bisons, grenouilles, escargots…), les animaux chassés (légalement et illégalement), les animaux morts dans les élevages ou lors du transport (+ 4% de mortalité en moyenne), les animaux détruits pour cause de fièvre aphteuse, de peste porcine, de peste aviaire ou de vache folle, ainsi que les poissons et crustacés (que l’on ne compte même plus par lot de mille têtes mais par tonnes), sans compter les « rebuts » dérivants de ces activités. On peut ainsi raisonnablement estimer qu’au minimum 3 milliards d’animaux sont tués directement et indirectement chaque année en France pour notre consommation (hors import/export).

À cette hécatombe, s’ajoute une disparition progressive d’espèces d’animaux domestiques (la poule hergnie, la vache vosgienne, le porc noir gascon…) due à la standardisation des animaux sélectionnés pour leurs performances en production (poules Isabrown, porcs Large White…).

Cette production intensive conduit à des élevages-usines dont sont issus plus des 2/3 des cochons et volailles. Les porcs passent leurs quelques mois d’existence dans le noir, immobiles sur des sols en caillebotis ; les poules sont entassées sans possibilité de se mouvoir ni d’étendre leurs ailes. Tout est optimisé afin de produire un maximum en un minimum de temps et d’effort. Et les animaux en sont les victimes silencieuses ; leurs vies sont sacrifiées, effacées pour répondre à la demande consumériste. Pour reprendre la lucide observation de Jocelyne Porcher, « les animaux en systèmes industriels, du point de vue du système, ne meurent pas, ils sont déjà morts ».

Un tel système ne peut survivre que par son opacité. Il est important que le consommateur ne puisse pas établir de lien entre son assiette et ces lieux de production, aussi traditionnels soient-ils, dans lesquels l’animal n’est rien d’autre qu’un produit de consommation en devenir.

L’éducation de l’enfant puis l’information délivrée à l’adulte sont orientées afin que rien ne transparaisse. Ainsi faut-il à tout prix rompre le lien que l’enfant pourrait établir entre son lapin en peluche ou son petit cochon rose-tirelire et le civet ou le jambon que ses parents lui feront manger. D’ailleurs, la dénomination n’est plus la même (lapin, cochon vs civet, jambon). Nombres d’histoires enfantines évoquent des animaux. Dans les « 3 petits cochons », les cochons parlent, ont des émotions. L’enfant s’émeut face à ces trois pauvres petits compagnons que le méchant loup veut manger. Et pourtant, c’est ce même enfant qui, comme chacun de nous, va, sans le savoir, devenir le grand méchant loup en consommant sa purée au jambon. Notre cruauté est attribuée au prédateur à exterminer, transposée sur lui, victime expiatoire, comme pour mieux esquiver notre propre responsabilité et nous permettre ainsi de continuer à consommer sans nous interroger. De manière générale, les fermes pédagogiques et les livres d’enfants présentent des animaux volontairement placés hors du contexte actuel des élevages. Cette mystification bucolique tend à donner une image idyllique de l’animal dans une ferme. Pourtant le véritable pédagogue devrait présenter l’animal dans un élevage industriel afin de permettre à l’enfant, adulte en devenir, de tisser le lien entre le poussin broyé ou le veau abattu et la viande qu’il consomme.

Par ailleurs, les animaux destinés à la consommation sont affublés de termes péjoratifs : « les poules sont bêtes », « les porcs sont sales », notamment. Cette dévalorisation et ce mépris de l’animal permettent de déculpabiliser comme de désinformer un peu plus le consommateur. À cet égard, les reportages télévisuels ne s’attardent que trop rarement sur les conditions de vie des animaux en élevages industriels. Si des associations de défense animale n’avaient pas fait des investigations, qui s’en serait soucié ? Ainsi, les élevages sont-ils devenus des bunkers dont on ne peut percevoir que les contours ; les abattoirs ont-ils été reculés aux périphéries des villes et loin des lieux de vente. Comme le souligne Florence Burgat , « celui qui tue n’est plus celui qui vend ». Les cadavres ont disparu pour laisser la place aux carcasses qui à leur tour ont été reléguées dans des chambres réfrigérées et closes. Les devantures des magasins ne présentent plus que de la viande en morceaux conditionnés, aseptisés, cuisinés aux formes géométriques. Quant à la publicité, complice active du système, elle ne montrera jamais les élevages ou l’abattage, mais axe de plus en plus ses annonces sur cet « amour de la viande » et sur des animaux très guillerets qui font eux-mêmes l’apologie de leur propre chair !

Toutefois, si une partie de la population s’interroge sur les conditions d’existence imposées à l’animal et s’apitoie sur ses souffrances, le système doit impérativement anesthésier les inquiétudes du consommateur et, le déculpabiliser ainsi de se nourrir de vies animales. Pour cela, le Bureau de la Protection Animale veille, tout étant sous l’étroit contrôle de spécialistes. Comme son nom ne l’indique pas, ce bureau, représenté sur le terrain par les Directions Départementales des Services Vétérinaires, dépend directement du Ministère de l’Agriculture. Concrètement, il en résulte que la protection de l’animal est liée à sa destination, c’est-à-dire à sa mort ! Autant dire que l’animal n’a en lui-même aucune existence et que cela ne dérange personne.

Mais, l’anesthésique absolu est récent et se nomme « bien-être animal ». Ce concept est venu ces dernières années, tel un label de bonne conduite, rassurer le consommateur. De nouvelles normes sur les transports ou sur la superficie consentie à l’animal en batterie ont été programmées afin d’améliorer en apparence, le « bien-être de l’animal », ce dans quelques années seulement. Mais enfin, peut-on décemment parler de « bien-être » dès lors que l’animal reste enfermé dans un bunker et qu’il est abattu dès l’enfance ? Avant de vouloir « bien-être », nul ne peut nier que l’animal souhaiterait tout simplement… être, c’est-à-dire pouvoir gratter, picorer, courir, se reproduire, farfouiller, jouer. Est-ce trop idéaliste de penser que le veau voudrait pouvoir téter sa mère plutôt que de lui être arraché et qu’il voudrait tout simplement vivre, voire ne pas mourir tout de suite ?

En tout état de cause, même lorsque le consommateur sait, il ferme les yeux par indifférence ou par faiblesse ; les coupables sont toujours ailleurs. D’un bout à l’autre de la chaîne, l’homme accuse le système alors pourtant qu’il accepte d’être l’un de ses rouages, lui permettant ainsi de fonctionner et de broyer chaque année des millions de vies. L’homme se trouve des excuses, des justifications, des alibis ; il se fond dans la masse silencieuse à la source de laquelle il alimente sa faiblesse et devient ainsi complice d’un système qu’il n’ose combattre. Et pourtant il suffirait, pour mettre fin à cette oppression, à cette réification de l’animal, que l’homme accepte, simplement, de laisser remonter en lui ce sentiment de compassion trop longtemps oublié .

Franck Schrafstetter

Président de l’association Zyzomys (association ayant pour but le respect de défendre les droits à la vie, à la liberté au bien-être et au respect des hommes et des femmes de tout âge, et du respect de la faune et de la nature).

Extrait de :

Conférence-débat sur le thème « la viande dans notre assiette : quel impact ? » Intervenants pour : – l’environnement et les peuples : E. Wenger, présidente d’Aruana ;

- les animaux : F. Schrafstetter, association Zyzomys ;

- la santé : Dr J. Bernard-Pellet, médecin généraliste.

Samedi 2 octobre – Strasbourg-Krutenau – A l’occasion des Journées Mondiales Végétariennes 2004 (JMV2004)

ÇA DEFRISE

Jeudi, juin 18th, 2009

BrebisOn a montré récemment que les moutons sont de grands physionomistes. Ils peuvent identifier et mémoriser jusqu’à cinquante congénères et s’en souvenir pendant plus de deux ans. Il sont aussi capables de se souvenir de visages humains familiers. Ils reconnaissent des individus après une longue absence, comme le montre le fait qu’ils réagissent vocalement à une photo de leur visage, de la même façon qu’ils réagissent avec un membre de leur groupe du moment… Et ce qui soulève l’intérêt des chercheurs, c’est que "les régions du cerveau spécialisées qui leur permettent de faire cela sont très proches de celles des humains". La reconnaissance visuelle des visages implique en effet des mécanismes neurologiques particuliers, fort développés chez les humains (également chez les singes). Cela est associé à une vie sociale intense. Le dispositif neural étant comparable chez le mouton, on est en droit de lui attribuer une vie sociale ainsi que les émotions qui l’accompagnent : l’attachement, la tendresse, le manque, la solitude… Et voilà le mouton qui devient un individu presque comme vous et moi. D’ailleurs, dit un des chercheurs, "il est donc important de ne pas modifier l’environnement social du mouton, car il est de toute évidence primordial pour son bien-être". C’est vrai, on pourrait en dire autant de vous et moi. Mais attention : "cela pourrait avoir des conséquences pour leurs éleveurs". Tiens, tiens… On voit bien la conclusion qui se dégage : au lieu de les mélanger à coup de triques dans des camions surchargés, amenons-les à l’abattoir par groupes de connaissance, avec davantage d’espace et accompagnés de leur berger préféré… comme ça, nous pourrons dire que nous respectons leur bien-être. C’est étrange, cette absence crasse de compassion, cette façon humano-centriste de toujours discourir sur les animaux et leur vie émotionnelle en posant par principe que leur intérêt, c’est d’être "traités" plus humainement ; alors que la question essentielle, c’est que si un mouton (ou un autre animal) n’est pas un morceau de bois, s’il est émotionnellement vivant, s’il ressent sa vie, (et qui peut en douter, sauf ceux qui cherchent pour mieux ne pas voir ?), son intérêt est de ne pas être "traité" du tout, son intérêt est de profiter de sa vie !

" Pour un peu de chair, nous leur ôtons la vie, le soleil, la lumière et le cours de l’existence qui leur était déterminée par la nature. " (Plutarque, S’il est loisible de manger chair, traduction de Jacques Amyot, 1572)

[Sources : Nature, vol. 414, 8 nov. 2001, p.165 / Courrier International, n°583, 3-9/01/02, p. 45)]

Des chiffres qui parlent d'eux mêmes

Lundi, juin 15th, 2009

NOMBRE D’ANIMAUX ABATTUS DANS LE MONDE POUR L’ALIMENTATION HUMAINE

- ANNEE 2003 -

Poules, poulets 45 milliards 900 millions
Canards 2 milliards 260 millions
Cochons 1 milliard 240 millions
Lapins 857 millions
Dindes 691 millions
Oies 533 millions
Moutons, brebis, agneaux, 515 millions
Chèvres 345 millions
Boeufs, vaches, veaux 292 millions
Rongeurs, autres que lapins 65 millions
Pigeons et autres oiseaux 63 millions
Buffles 23 millions
Chevaux 4 millions
Ânes, mules, mulets 3 millions
Chameaux et autres camélidés 2 millions

Soit un total de plus de 50 milliards d’animaux,

sans tenir compte des animaux aquatiques.

Source : FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations)

Chiffres établis à partir des rapports provenant de plus de 210 pays.

Certains pays ou territoires ne fournissent pas de données.

FAO Statistical Database – Agriculture

www.fao.org

Communiqué du Secrétariat de l’European Vegetarian Union (EVU).

Les Animaux : Pourquoi on doit les respecter

Lundi, juin 15th, 2009

Il est souvent proclamé, particulièrement par certains groupes religieux, que les animaux furent mis sur Terre pour que les gens en disposent à leur gré. Ce point de vue aide à comprendre l’étendue des abus de l’homme sur le royaume animal. L’attitude envers les animaux de beaucoup de gens est assez similaire à celle adoptée à l’égard d’ êtres considérés inférieurs. L’esclavage, qui fut longtemps une façon établie et acceptée de traiter les autres dans les sociétés humaines, reflète l’attitude similaire adoptée à l’égard des animaux par beaucoup de gens dans la société contemporaine. Le respect pour la vie est un slogan souvent cité aujourd’hui que chacun devrait méditer, et sur l’importance qu’il suggère non seulement le respect pour les autres hommes mais aussi pour toutes les formes de vie, animales ou végétales. Tous ont leur place sur la Terre. Nous devons vivre de quelque chose et il est souvent suggéré que nous devrions descendre le plus bas possible dans la chaîne alimentaire pour notre nourriture. Les végétariens ont fait une part du chemin et les végétaliens et frugivores encore plus. Les trois approches sont basées sur le respect de la vie et sur l’opinion que les animaux devraient être beaucoup mieux traités par les hommes.

La cruauté est virtuellement endémique dans la société humaine et on peut se demander ce qui fait que tant d’hommes recherchent et se réjouissent de la cruauté dans leur vie. Les cruautés dans certains soi-disants "divertissements" appellent une attention particulière dans leur propre droit. Cependant, cet article est principalement orienté sur le végétarisme. Certains ne considèrent pas cruel de manger les animaux et prétendent que ceux-ci sont bien traités pendant leur vie. Bien entendu, ceci est devenu absolument faux avec le développement des méthodes d’élevage industriel et l’absence de toute considération pour le comportement naturel des animaux. Si les veaux sont mis dans des boxes qui leur empêchent l’accès à leurs mères, le grand air, et les prairies vertes qui sont leur habitat naturel, ou si les poulets sont cloîtrés dans des systèmes intensifs leur ôtant la possibilité d’étirer leurs ailes et de garder leurs habitudes naturelles, ceci et beaucoup d’autres pratiques sont tous basés sur l’absence de considération et de respect pour les animaux.

Les arguments en faveur de ces pratiques sont économiques, bien que ceux qui exercent habituellement de telles cruautés prétendent que les animaux préfèrent de tels traitements. Si de telles pratiques ne sont pas cruelles alors que sont-elles ? Certains prétendent que les animaux ne choisissent pas de sortir de leur boxe même portes ouvertes, alors que c’est plus le résultat du conditionnement que d’un choix. Une chose est sûre, ce choix n’est pas donné aux animaux ! La société occidentale moderne a beaucoup de responsabilités en encourageant une alimentation basée sur la viande. Malheureusement, certains pays du Tiers Monde regardent l’Occident comme un modèle séduisant ! Ils prêtent rarement attention au traitement des animaux et aux effets de la viande sur la santé et l’environnement. La pression de l’opinion publique dans beaucoup de pays en développement devrait être un argument suffisant pour stopper et abandonner une alimentation basée sur la viande.

La production animale dans les systèmes d’élevage intensif concentre les rejets animaux au lieu de les épandre sur les champs comme fumure. Ce qui était vu autrefois comme souhaitable devient maintenant une nuisance et un problème économique. L’évacuation des déchets est coûteuse et le problème est étroitement lié à l’augmentation de la consommation de viande. Les éleveurs rejettent les déchets dans les eaux d’égouts, les ruisseaux et les rivières, ce qui pollue et détruit les écosystèmes qui existaient depuis si longtemps. De plus, la nature intensive de l’élevage industriel facilite la propagation des maladies, donc les animaux sont traités avec de grandes quantités d’antibiotiques, d’activateurs de croissance et d’autres produits similaires. Bien entendu, ceux-ci se concentrent dans la viande et entraînent troubles et maladies chez l’homme. De plus, certains de ces produits se retrouvent dans les eaux d’égout et sont repris un peu plus tard dans la chaîne des eaux où l’eau impure est repompée pour l’homme et la purification n’enlève pas la totalité de ces résidus.

L’augmentation du cancer, des maladies cardio-vasculaires, des maladies rénales et du foie, aussi bien que le diabète et beaucoup d’autres problèmes de santé, sont liés de près à l’augmentation de la consommation de viande. La recherche médicale fournit d’amples preuves qu’une alimentation végétarienne est meilleure pour la santé et que l’incidence de nombreusese maladies sérieuses est beaucoup moins commune chez les végétariens. C’est bien de faire quelque chose pour des raisons morales mais c’est encore mieux si on découvre que c’est bien pour la santé aussi !

Le développement du végétarisme dans le monde occidental atteste de l’augmentation chez de nombreuses personnes du désir d’une vie plus humaine, d’un style de vie en harmonie avec l’environnement et la santé. En Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe et Australie il y a une progression marquée et continue du végétarisme. En Europe de l’Est et en Europe Centrale, depuis les changements politiques, il y a eu une poussée d’intérêt pour le végétarisme. Les mouvements végétariens et de protection animale se sont développés et gagnent du soutien. En Asie l’encouragement gouvernemental pour la consommation de viande est contré par des groupes végétariens. Dans un pays comme l’Inde, avec une longue histoire d’Ahimsa, respect pour la vie donc végétarisme, la bataille pour le végétarisme est menée par des groupes moraux et religieux, aussi bien que par des environnementalistes et docteurs qui apprécient les bénéfices d’une approche végétarienne. En Grande Bretagne la poussée du végétarisme a été très marquée durant ces 20 dernières années, ainsi maintenant les végétariens ne sont plus regardés comme des gens singuliers ou étranges mais faisant partie du courant actuel. Des repas végétariens sont disponibles dans tout le pays et la jeunesse se dirige vers le végétarisme. Les supermarchés étalent un bon assortiment de produits végétariens, rendant les courses plus faciles, et attirent l’attention des mangeurs de viande sur la grande variété d’aliments bons et sains que les végétariens consomment. Linda McCartney, épouse du fameux Beatle, Paul McCartney (les deux sont récemment devenus responsables de la Vegetarian Society du Royaume Uni), a élaboré une variété d’imitations de produits carnés, incluant tourtes et saucisses, qui attirent beaucoup de gens ne se considèrant pas eux-mêmes comme végétariens. De telles initiatives sont de plus en plus imitées dans d’autres pays.

La technologie moderne a grandement à répondre de la façon dont l’homme traite les animaux. Récemment, la montée de la biotechnologie et de la manipulation génétique a entraîné de nouvelles façons d’utiliser l’animal pour servir l’homme, et la moralité semble être peu considérée quand on pense de quelles façons les espèces peuvent être manipulées pour que l’homme les exploite encore plus. Si les hommes ont des droits sur les animaux, on peut dire également qu’ils ont des responsabilités. Cela veut dire qu’ils doivent considérer l’animal, son bien-être et sa santé. Malheureusement, la situation présente suggère que ces pratiques sont peu courantes chez la grande majorité des gens. Le seul but qui les intéresse est de maximiser le rapport économique de l’animal.

Il est souvent argumenté que les animaux étant des espèces différentes des humains, la façon de les traiter n’est pas importante. Bien entendu, les personnes qui expriment de telles vues pourraient également ne pas être trop concernées par la manière dont les autres sociétés humaines sont traitées. Beaucoup d’entre nous peuvent voir une relation entre les deux. Les gens qui traitent les autres humains avec respect sont plus susceptibles de montrer du respect envers les autres espèces. Plus d’une fois on a entendu la suggestion que l’intérêt pour les animaux devrait être remplacé par l’intérêt pour les humains. Les gens concernés par les droits de l’animal sont normalement autant concernés par les souffrances humaines.

Nous savons que les animaux ressentent la peine, la souffrance et montrent de la détresse. Nous ne pouvons comprendre complètement leur processus de pensée mais il y a suffisamment de preuves que les animaux ont leurs sociétés et leurs manières de vivre. Qui ira dire qu’avec le temps leurs droits devraient être inférieurs à ceux attendus et recherchés par les humains ? Beaucoup d’animaux sont moins intelligents que les humains mais il y a aussi des variations considérables de l’intelligence parmi les hommes. Si quelqu’un prétend que l’intelligence inférieure de beaucoup d’animaux nous donne le droit de les traiter comme nous voulons, sans égards, alors il pourrait aussi prétendre que les humains moins intelligents devraient être traités de façon similaire. En fait, certaines philosophies politiques, bien que très discréditées, ont avancé de tels arguments.

Nous sommes sur cette planète pour un temps limité et la manière dont nous interagissons et utilisons la planète affectera les générations futures, probablement jusqu’à la fin du monde tel que nous le connaissons. On peut proclamer que c’est notre intérêt de minimiser les souffrances et mauvais traitements subis par les animaux et les hommes, et de se diriger vers un monde plus humain et en paix avec lui même. Présumant que c’est un but que la grande majorité des gens voient comme souhaitable, il est donc nécessaire d’améliorer notre conduite envers les hommes et les animaux. Les gens souhaitent généralement vivre en bonne santé et l’approche végétarienne conduit dans cette direction tout en minimisant la souffrance des autres espèces animales. L’approche carnivore entière est basée sur l’hypocrisie. Les gens utilisent quelques animaux comme compagnons et les traitent d’une façon spéciale. Les autres animaux sont souvent vus comme nuisibles ou comme nourriture et donc ne justifient pas les soins et la protection que reçoivent les animaux de compagnie. Il est bon de rappeler que dans beaucoup de pays, si l’on traitait son animal familier de la même façon que dans les fermes on serait passible de poursuites judiciaires. Beaucoup d’animaux sauvages ne bénéficient d’aucune protection légale et sont donc là pour les chasseurs et quiconque d’autre pour les traquer et les traiter comme ils le souhaitent.

C’est ma conviction que l’avenir du monde est très lié à la manière dont nous traitons nos plus faibles créatures et compagnons. Cruauté et méchanceté ne devraient plus avoir de place dans une société civilisée. Bien que nous clamions souvent que nous sommes civilisés, je prétendrai que nous en sommes loin. De nos jours nous regardons l’esclavage avec horreur et avons des difficultés à comprendre comment de telles pratiques ont pu durer si longtemps et existent encore maintenant dans quelques parties du monde. Comme nous sommes sortis de l’esclavage humain nous devons regarder l’étape suivante et sortir de l’esclavage animal. Un monde végétarien sans exploitation ni cruauté envers les humains et les animaux, par moralité et par intérêt, doit être notre but. Si nous ne nous en préoccupons pas maintenant, l’avenir de toutes les créatures continuera à être sombre.

Maxwell G.Lee
IVU General Secretary, 1979-1996
IVU Deputy President 1996-1999
IVU President 1999
IVU Chairperson 1999-2000
Fellow of IVU, from 2000
IVU Council Member 2002

Source : IVU Newsletter, Octobre 1995

Traduction française de G. Chatras

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